Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Dimanche 11 Décembre 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Ancien SDF, il loue ses appartements à des sans-abris

"Je veux les aider à sortir de la rue", explique Jean-Pierre Boudhar.

Belle histoire

Publié le
Ancien SDF, il loue ses appartements à des sans-abris

À l’âge de 17 ans, Jean-Pierre Boudhar a été SDF. Aujourd'hui, à 58 ans, il est entrepreneur dans l'immobilier et loue les appartements qu’il possède à d’autres SDF en espérant les aider à sortir de la rue. Ainsi, il travaille avec le collectif des SDF de Lille qui donne une seconde chance aux sans-abris.

"La rue, j’y suis resté quelques mois (…) et je m’en suis sorti à l’époque grâce à des gens qui m’ont tendu la main.", raconte Jean-Pierre Boudhar à l'Obs. Un jour, trois étudiants en médecine et en architecture qui vivaient en colocation, lui ont proposé de rester chez eux pour une nuit. Touchés par son histoire (difficultés familiales) et voyant que le jeune homme n’avait nulle part où aller, ils lui ont proposer de rester dans leur T5 une nuit supplémentaire. "C’est comme ça que je suis devenu le quatrième coloc.", explique Jean-Pierre Boudhar.

Avec ses trois nouveaux amis, il a découvert une société. "Le jour de mes 18 ans, pour mon anniversaire, ils m’ont offert du Nietzsche.", se souvient Jean-Pierre Boudhar. "Ils m’ont emmené en vacances aussi." "Quarante ans plus tard, je les vois toujours. Je suis le parrain d’un des enfants et on travaille ensemble. Je pense qu’on peut dire qu’ils m’ont sauvé la vie.", précise-t-il. 

92 euros par mois pour une chambre de 15m2

Aujourd'hui, il est entrepreneur immobilier. Il possède deux immeubles dans lesquels vingt personnes habitent, dans des chambres d’environ 15 mètres carrés meublées et équipées chacune d’une kitchenette. Dans les parties communes, cinq personnes se partagent à chaque fois un lavabo, une douche et des toilettes. "Par mois, ils doivent verser 92 euros de leur poche, le reste est payé par l’aide au logement.", raconte Jean-Pierre Boudhar. Quand il a acheté ces immeubles, d’anciens SDF les occupaient déjà. "J’aurais pu les mettre dehors et faire trois grands appartements, mais ça me paraissait complètement inenvisageable après ce que j’ai moi-même vécu.", souligne-t-il. 

Il alors choisi de faire des travaux et mettre en place un règlement intérieur. "Avec l’expérience, je dois choisir des gens qui veulent vraiment s’en sortir. Et c’est parfois difficile, j’ai déjà eu des cafards ou des tuyauteries défoncées. Il y a parfois des gens qui, une fois dans la chambre, s’en servent comme d’un dépôt… D’autres qui ne se lavent pas et qui végètent.", raconte-t-il. 

Le collectif des SDF de Lille 

Il y a quelques années, l'entrepreneur a créé le collectif des SDF de Lille, qui essaie de trouver des propriétaires de biens prêts à héberger un SDF pour l’aider à sortir de la rue.

Cependant, selon Jean-Pierre Boudhar, "les membres manquent de moyens". "C’est bien de mettre les SDF dans des chambres, mais il faut que cette chambre-là leur permette de rebondir, de remettre un pied dans la vie et dans le monde du travail. L’idée, ce n’est pas qu’il reste là quinze ans, c’est de leur offrir une transition.", explique-t-il. 

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par cloette - 20/10/2016 - 15:14 - Signaler un abus Eh bien bravo

    De s'en être sorti et de s'en souvenir . Ces pauvres hères n'intéressent pas les politiques , ils ne votent pas . On les met dehors des rares abris pour y mettre les migrants de A Merkel . Que faire ? Je me contente pour ma part d'avoir de la monnaie dans ma poche ....

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Je m'abonne
à partir de 4,90€